Mieux comprendre les constellations

Les principes de la vie

Les principes systémiques, des plus petits systèmes (une cellule ou un organe) aux plus grands (une nation ou l'humanité) sont des lois de fonctionnement et nécessitent d'être connus, reconnus et respectés. Dans le cas contraire, les systèmes se déséquilibrent, tombent malades ou meurent. Ces principes sont thérapeutiques (préventifs ou curatifs) pour les systèmes, mais aussi pour les membres de ces systèmes, et chacun de nous peut donc avoir une influence directe sur les systèmes auxquels il appartient.

Il existe 3 métaprincipes, 3 principes supérieurs et 6 principes inférieurs.

Nous vous présentons ici les 3 principes supérieurs.

1. Le principe d'appartenance (contraire de l'exclusion) contenant deux sous-principes :
a. principe de non-exclusion
b. principe de l'égalité d'appartenance

Le principe d'appartenance dit que toute personne appartenant à un système a le droit inaliénable de lui appartenir ; personne n'a le droit de l'exclure. Un membre d'une famille ne peut pas, soudain, ne plus appartenir à cette famille : le sang de cette lignée coule dans ses veines et c'est un fait absolu. Si vous excluez quelqu'un de votre famille (et il y a de nombreuses façons d'exclure quelqu'un...), vous blessez le système au niveau du principe le plus important. En effet, l'exclusion affecte non seulement les membres du système actuel, mais les descendants jusqu'à sept générations.

Dans une entreprise, lorsque les gens sont licenciés, ils sont exclus, c'est une blessure au système, sauf s'ils ont prouvé par leur attitude qu'ils ne voulaient plus faire partie de cette entreprise en n'en respectant pas les règles d'appartenance. Les indemnités de licenciement sont une façon de compenser la blessure due à l'exclusion. Autre exemple : nous savons que notre pire malheur à tous, selon la tradition judéo-chrétienne, a été notre exclusion du paradis...

Deuxième aspect : tous les membres du système ont une égalité d'appartenance. On appartient à un système ou pas, mais on n'y appartient pas plus et pas moins que les autres membres.

Questions utiles :
Est-ce que tous ceux qui appartiennent au système y sont admis ?
Y a-t-il des personnes, des choses ou des groupes négligés ou oubliés ?
La définition de l'appartenance est-elle claire ?
De quel membre ne parle-t-on pas dans mon système ?

2. Le principe d'ancienneté

Ce principe demande simplement que la réalité soit reconnue : celui qui est arrivé le premier ne peut pas devenir celui qui est arrivé en second ou en dernier. C'est un état de fait auquel nous ne pouvons rien changer et si nous nous mêlons de le changer, nous blessons un des modes de fonctionnement de notre univers relatif : un premier est là, puis un autre arrive, et un autre, et encore un autre. Pour ne pas blesser le principe d'ancienneté, il s'agit d'exprimer à l'autre notre reconnaissance du fait qu'il est le plus ancien. Pourquoi est-il nécessaire de respecter ce principe de l'ancienneté, dans une famille par exemple ?
La grande loi de l'univers matériel veut que tout élément existant occupe une certaine place. Or, toute place est limitée. Quand arrive un autre élément, le premier réagit et estime qu'on lui prend de la place, voire toute sa place. Lorsqu'une personne est déjà là et qu'on arrive après, on lui prend de la place, ou toute la place : une blessure est obligatoirement créée par l'arrivée d'un deuxième et il va falloir rééquilibrer. Comment ? Qu'est-ce qui est volé au premier ? La place, mais aussi l'attention : l'attention de la mère n'est plus exclusivement destinée à l'aîné et c'est même souvent du plus petit que tout le monde s'occupe. On enlève au premier les marques d'attention, mais c'est une blessure automatique qu'il est facile de compenser lorsqu'on connaît ce principe. Les parents veillent à continuer à donner de l'attention au premier (ou aux premiers quand un troisième ou un quatrième arrive), comme ils peuvent, et ils enseignent aux cadets la reconnaissance, le respect envers leurs aînés. Moins ceci est fait, plus il y a de problèmes dans la fratrie.

Autre aspect : lorsqu'un enfant se croit supérieur à ses parents ou pense que ses parents auraient dû être ou vivre autrement, il blesse le principe d'ancienneté. Ou bien encore : on ne peut pas mettre les vieux au "rancart" même s'ils sont dépassés par les compétences des plus jeunes. On doit les reconnaître d'une manière ou d'une autre, sans quoi on court à un dysfonctionnement grave, voire à la mort du système : parfois, simplement accrocher la photo du fondateur ou des prédécesseurs suffit.

Les ancêtres, les anciens, les aînés (et encore plus les fondateurs ou créateurs d'entreprise) ont droit au respect et souvent aux honneurs, et doivent être traités avec dignité.

Les enfants ne peuvent pas devenir les parents de leurs parents, ils n'ont rien à pardonner à leurs parents : par toutes ces attitudes, les enfants se placent au-dessus de leurs parents et blessent le principe de l'ancienneté. Cependant, il ne faut pas oublier que le système est prévu pour accueillir de nouveaux éléments.

3. Principe de l'équilibre entre donner et recevoir
Il est un principe de justice et d'équité. Chaque fois qu'un mal est fait, il faut trouver à le compenser, et il y a mille manières possibles ; chacun doit trouver pour lui-même. Sinon, le mal se compense de toute façon tout seul, mais dans ce cas, une personne paie pour une autre, car les lois du système sont aveugles, elles s'appliquent tout simplement, et c'est souvent le dernier venu, ou le plus faible, qui paie... Par contre, quand on ne peut pas rendre ce qu'on a reçu (les parents donnent toujours plus, les fondateurs aussi, ainsi que la plupart des aînés et des anciens). Il s'agit de cultiver la gratitude.


L'un des buts de l'Ecole de constellations Lahore est de permettre au plus grand nombre de connaître ces principes pour pouvoir les appliquer et veiller à ne pas les blesser dans les systèmes auxquels ils appartiennent.